{"id":166,"date":"2025-11-15T11:47:48","date_gmt":"2025-11-15T10:47:48","guid":{"rendered":"http:\/\/www.limageoblique.fr\/?page_id=166"},"modified":"2026-02-20T09:45:37","modified_gmt":"2026-02-20T08:45:37","slug":"portrait-tas-lbonjour-dalfred","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/www.limageoblique.fr\/index.php\/sur-les-etageres-archives\/portrait-tas-lbonjour-dalfred\/","title":{"rendered":"Portrait : \u00ab\u00a0T&rsquo;as l&rsquo;bonjour d&rsquo;Alfred\u00a0\u00bb"},"content":{"rendered":"<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"412\" height=\"261\" src=\"http:\/\/www.limageoblique.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/sarah-bernhardt-stevens-nadar.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-174\" style=\"width:464px;height:auto\"\/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-small-font-size wp-block-paragraph\">\u00c0 gauche : Alfred Stevens, <em>Portrait de Sarah Bernhardt<\/em>, 1885.<br>\u00c0 droite : Paul Nadar, <em>Portrait de la com\u00e9dienne Sarah Bernhardt<\/em>, vers 1878.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les deux documents ci-dessus repr\u00e9sentent la com\u00e9dienne Sarah Bernhardt (n\u00e9e, para\u00eet-il, Rosine Bernard en 1844). Sur la photographie de Paul Nadar, elle a 34 ans, et vient d&rsquo;interpr\u00e9ter le r\u00f4le de Dona Sol, dans <em>Hernani<\/em> d&rsquo;Hugo. L&rsquo;ann\u00e9e suivante, et toujours \u00e0 la Com\u00e9die-Fran\u00e7aise, elle rejouera <em>Ph\u00e8dre<\/em>. Son premier succ\u00e8s date de 1869, au th\u00e9\u00e2tre de l&rsquo;Od\u00e9on, qu&rsquo;elle n&rsquo;h\u00e9sitera pas \u00e0 transformer en h\u00f4pital pour soigner les bless\u00e9s de 1870. Entr\u00e9e pour la premi\u00e8re fois d\u00e8s l&rsquo;\u00e2ge de seize ans dans le studio de Nadar p\u00e8re, Sarah Bernhardt a tr\u00e8s vite compris l&rsquo;importance de la photographie pour la promotion d&rsquo;une com\u00e9dienne\u00a0; poser alors dans un atelier de photographe est pour elle un exercice parfaitement ma\u00eetris\u00e9. Lorsque Alfred Stevens livre son portrait de 1885, elle est une quadrag\u00e9naire mari\u00e9e depuis trois ans \u00e0 un morphinomane. Elle a quitt\u00e9 la Com\u00e9die-Fran\u00e7aise en 1880 pour cr\u00e9er sa propre compagnie, avec laquelle elle s&rsquo;est d\u00e9j\u00e0 produite aux \u00c9tats-Unis et en Russie. Sarah Bernhardt vient alors d&rsquo;interpr\u00e9ter la <em>Th\u00e9odora<\/em> de Victorien Sardou, et se pr\u00e9pare \u00e0 jouer <em>Hamlet<\/em>, r\u00f4le travesti dont elle est en train de se faire une sp\u00e9cialit\u00e9. Alfred Stevens peint ici le portrait d&rsquo;une amie et d&rsquo;une \u00e9l\u00e8ve de son atelier (depuis 1874), qui s&rsquo;est mise, avec application, \u00e0 la peinture et \u00e0 la sculpture \u00e0 partir de 1869 et qui, au Salon de 1876, s&rsquo;est vue gratifier d&rsquo;une mention pour un groupe en pl\u00e2tre intitul\u00e9 <em>Apr\u00e8s la temp\u00eate<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Alfred Stevens<sup data-fn=\"40b3ed7c-9134-44db-a2d5-c6fb676cddc0\" class=\"fn\"><a href=\"#40b3ed7c-9134-44db-a2d5-c6fb676cddc0\" id=\"40b3ed7c-9134-44db-a2d5-c6fb676cddc0-link\">1<\/a><\/sup>, s&rsquo;il n&rsquo;encombre pas aujourd&rsquo;hui les manuels d&rsquo;histoire de l&rsquo;art, n&rsquo;en fut pas moins un peintre \u00e0 succ\u00e8s (avec des fortunes diverses) tout au long du second XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle. Peintre belge n\u00e9 \u00e0 Bruxelles en 1823, il fut parisien de 1849 jusqu&rsquo;\u00e0 sa mort en 1906. De formation acad\u00e9mique et nourrissant un profond attachement aux Flamands et aux Hollandais, Stevens expose \u00e0 partir de 1853 des toiles qui m\u00e9langent harmonieusement r\u00e9alisme et romantisme anecdotique. Sa sp\u00e9cialit\u00e9 ? Les femmes de la bourgeoisie, dont il perce l&rsquo;intimit\u00e9 ou les secrets, en les mettant en sc\u00e8ne dans leur int\u00e9rieur cossu. Adversaire convaincu de l&rsquo;impressionnisme, Stevens n&rsquo;en est pas moins l&rsquo;ami de Manet, et fr\u00e9quente Barbizon. Peintre acad\u00e9mique, excellent artisan : j&rsquo;h\u00e9site \u00e0 le qualifier de \u00ab\u00a0pompier\u00a0\u00bb, car il ne se laissera gu\u00e8re aller \u00e0 traiter (sinon tr\u00e8s indirectement) des sujets extravagants en prenant pour pr\u00e9texte que \u00ab\u00a0le sujet est tout\u00a0\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Paul Nadar, quant \u00e0 lui, n&rsquo;est en 1878 qu&rsquo;un tout jeune photographe (il est n\u00e9 en 1856). Il travaille sous la houlette de son p\u00e8re, qui va peu \u00e0 peu lui laisser les r\u00eanes du studio familial. Derni\u00e8res pr\u00e9cisions d&rsquo;usage : en 1878, Courbet est mort depuis un an et, en 1885, cela fait deux ans que Manet a franchi l&rsquo;Ach\u00e9ron.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous sommes \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque du triomphe du portrait, peint ou photographi\u00e9. Depuis l&rsquo;invention du portrait-carte de visite (Disd\u00e9ri, 1854), chaque famille bourgeoise dispose de son \u00ab\u00a0mus\u00e9e portatif\u00a0\u00bb, c&rsquo;est-\u00e0-dire de l&rsquo;album o\u00f9 sont rang\u00e9es les photographies de ses membres et parfois m\u00eame de personnalit\u00e9s c\u00e9l\u00e8bres. Qu&rsquo;on ne s&rsquo;y trompe pas: la d\u00e9mocratisation du portrait par la photographie n&rsquo;est qu&rsquo;apparente. Il y a une grande diff\u00e9rence entre se faire tirer le portrait dans un studio chic et entrer par jeu dans une baraque foraine pour en ressortir avec un ferrotype quelques minutes plus tard. La photographie joue un r\u00f4le de diff\u00e9renciation sociale et les motivations d\u00e9nonc\u00e9es par Fournel en 1858<sup data-fn=\"1efb8575-1a02-492d-adf2-f353f9deb664\" class=\"fn\"><a href=\"#1efb8575-1a02-492d-adf2-f353f9deb664\" id=\"1efb8575-1a02-492d-adf2-f353f9deb664-link\">2<\/a><\/sup> ou par Baudelaire en 1859 sont bien celles d&rsquo;une bourgeoisie install\u00e9e \u00e0 l&rsquo;apog\u00e9e du capitalisme, \u00e9prise de son image et d&rsquo;un r\u00e9alisme qu&rsquo;elle veut id\u00e9alis\u00e9. La repr\u00e9sentation d&rsquo;elle-m\u00eame que veut donner alors la bourgeoisie est celle d&rsquo;une classe au sommet d&rsquo;une hi\u00e9rarchie financi\u00e8re, culturelle et intellectuelle. La peinture n&rsquo;\u00e9chappe pas \u00e0 cette imp\u00e9rieuse n\u00e9cessit\u00e9, et l&rsquo;Acad\u00e9mie participe largement \u00e0 ce mouvement. Les Refus\u00e9s en savent quelque chose, et Stevens n&rsquo;en fait pas partie.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Alors que la coutume, picturale et photographique, impose de repr\u00e9senter le bourgeois dans un d\u00e9cor de bon ton, ou de lui adjoindre une ambiance dans l&rsquo;air du temps (Stevens lui-m\u00eame sacrifiera parfois au japonisme), les deux portraits de Sarah Bernhardt ci-dessus sont \u00ab\u00a0d\u00e9contextualis\u00e9s\u00a0\u00bb. Le fond uni de la photographie, l\u00e9g\u00e8rement d\u00e9grad\u00e9 de haut en bas, est d&rsquo;une densit\u00e9 voisine de celle de la robe que porte la com\u00e9dienne ; l&rsquo;arri\u00e8re plan de la peinture, dans les tons bruns fonc\u00e9s, s&rsquo;harmonise avec la tenue de Sarah Bernhard, et seule la lumi\u00e8re sur les cheveux du mod\u00e8le en extirpe une coiffure d&rsquo;une \u00e9l\u00e9gante et vaporeuse simplicit\u00e9. Cette lumi\u00e8re, justement : acad\u00e9mique \u00ab\u00a0invers\u00e9e\u00a0\u00bb, elle est descriptive dans la photographie ; acad\u00e9mique \u00ab\u00a0raffin\u00e9e\u00a0\u00bb dans la peinture, elle devient suggestive gr\u00e2ce au l\u00e9ger contre-jour. Le clich\u00e9 de Paul Nadar nous donne \u00e0 voir la com\u00e9dienne \u00ab\u00a0en chair et en os\u00a0\u00bb : on distingue la finesse, presque la maigreur, d&rsquo;un corps qui ne \u00ab\u00a0remplit\u00a0\u00bb pas la robe dont on distingue quelques plis disgracieux, au bras comme \u00e0 la taille ; l&rsquo;\u00e9clairage du studio laisse percevoir le menton t\u00eatu et un nez un peu trop grand, encadrant une bouche assez large aux l\u00e8vres fines. Le portrait de Stevens nous montre (par cons\u00e9quent) un nez un peu plus court, une bouche plus petite aux l\u00e8vres identiquement charnues, un bras plus fort que nature. Les deux images sont donc construites pour mettre en \u00e9vidence le visage (et un visage, c&rsquo;est avant tout un regard) et la pose d&rsquo;un mod\u00e8le exceptionnel. Pourquoi ?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Enfon\u00e7ons une porte ouverte: la <em>connaissance<\/em> de l&rsquo;autre se fait d&rsquo;abord par le visage. L&rsquo;amoureux, comme l&rsquo;aveugle, parcourt des doigts le visage de l&rsquo;aim\u00e9e. Le visage est la r\u00e9ponse \u00e0 des questions majeures : cet individu m&rsquo;est-il \u00e9tranger ? Parmi les personnes que je connais, ai-je affaire \u00e0 quelqu&rsquo;un qui m&rsquo;est cher, ou que je hais ? \u00c0 l&rsquo;identification est li\u00e9e toute une palette de r\u00e9actions, qui induisent la nature des rapports qu&rsquo;entretiennent les individus sociaux entre eux. Je suis assis \u00e0 une table de restaurant ; entre \u00ab\u00a0Charles\u00a0\u00bb, identifi\u00e9 de loin comme mon patron : je me l\u00e8ve et lui tend la main, alors que mon buste subit une tr\u00e8s l\u00e9g\u00e8re inclinaison vers l&rsquo;avant ; quand \u00ab\u00a0Bob\u00a0\u00bb entre \u00e0 son tour, je l\u00e8ve le bras pour me signaler \u00e0 lui, et j&rsquo;inviterai l&rsquo;ami de toujours \u00e0 se joindre \u00e0 moi en l&#8217;embrassant. La <em>connaissance <\/em>de l&rsquo;autre s&rsquo;\u00e9tablit par sa pr\u00e9sence physique. La <em>re-connaissance<\/em> est li\u00e9e \u00e0 l&rsquo;absence, pass\u00e9e ou pr\u00e9sente, de l&rsquo;autre. L&rsquo;absence fait na\u00eetre la crainte de l&rsquo;oubli de l&rsquo;autre : si je suis absent, je redoute l&rsquo;oubli de mon visage par l&rsquo;autre ; si l&rsquo;autre est absent, je crains d&rsquo;oublier son visage. Ce n&rsquo;est pas anodin : oublier un visage, c&rsquo;est modifier mon environnement, donc d\u00e9t\u00e9riorer ma propre identit\u00e9. Le portrait peint ou photographi\u00e9 vise \u00e0 combler cet effet pervers de l&rsquo;absence : \u00eatre identifiable et identifier contribuent \u00e0 limiter cette peur de perte d&rsquo;identit\u00e9, pour le sujet comme pour le spectateur. Mais alors que la photographie moderne d&rsquo;identit\u00e9, li\u00e9e aux technologies de reconnaisance faciale, exige la <em>ressemblance<\/em>, l&rsquo;art du portrait vise \u00e0 la <em>vraisemblance<\/em>, seule capable de susciter la <em>croyance<\/em> en la pr\u00e9sence de l&rsquo;autre. Ainsi, les libert\u00e9s que Stevens prend avec la morphologie de son mod\u00e8le, ou le petit regard un peu perdu que photographie Nadar, ne nuisent en rien \u00e0 la <em>re-connaissance<\/em> de Sarah Bernhard.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Car il existe bien deux portraits. D&rsquo;abord le portrait sur la toile ou la photographie, construit pour alimenter le souvenir (il faut noter ici que la pose du sujet, qui \u00e9voque sa posture vis-\u00e0-vis du monde, y participe aussi, et c&rsquo;est particuli\u00e8rement visible dans les exemples choisis) ; c&rsquo;est l&rsquo;objet-portrait, l\u2019<em>ic\u00f4ne<\/em> transportable que l&rsquo;on suspend au mur ou que l&rsquo;on pose sur le gu\u00e9ridon. Ensuite le portrait <em>vrai<\/em> : celui-ci est le fruit de l&rsquo;\u00e9laboration d&rsquo;une repr\u00e9sentation mentale de l&rsquo;individu (de sa <em>nature<\/em>) absent \u00e0 partir de la vision de l\u2019ic\u00f4ne transportable et du souvenir qu&rsquo;on en a. La mimesis est la confrontation permanente de trois <em>r\u00e9alit\u00e9s<\/em> : celle de l&rsquo;objet physique, celle de sa repr\u00e9sentation iconique, et celle de sa repr\u00e9sentation mentale. L&rsquo;art du portrait, c&rsquo;est jouer de cette \u00e9trange confusion. Cette confusion est port\u00e9e \u00e0 son paroxysme par la litt\u00e9rature, comme en t\u00e9moigne <a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=Lj5AT1mXKw4\">cet extrait<\/a> de <em>Ceux de chez nous<\/em><sup data-fn=\"b6eb705b-8a81-427f-bed0-c3bd0bbbfa97\" class=\"fn\"><a href=\"#b6eb705b-8a81-427f-bed0-c3bd0bbbfa97\" id=\"b6eb705b-8a81-427f-bed0-c3bd0bbbfa97-link\">3<\/a><\/sup> de Sacha Guitry&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><object width=\"480\" height=\"385\"><\/object><\/p>\n\n\n<ol class=\"wp-block-footnotes has-small-font-size\"><li id=\"40b3ed7c-9134-44db-a2d5-c6fb676cddc0\">Pour une vue d&rsquo;ensemble de l&rsquo;\u0153uvre de Stevens, voir Michel Draguet : <em>Alfred Stevens, 1823-1906<\/em>, catalogue de l&rsquo;exposition \u00ab\u00a0Alfred Stevens\u00a0\u00bb, Mus\u00e9es royaux des Beaux-Arts de Belgique, Bruxelles, du 8 mai au 23 ao\u00fbt 2009, et Van Gogh Museum, Amsterdam, du 18 septembre 2009 au 24 janvier 2010, Fonds Mercator, Bruxelles, 2009. <a href=\"#40b3ed7c-9134-44db-a2d5-c6fb676cddc0-link\" aria-label=\"Aller \u00e0 la note de bas de page 1\">\u21a9\ufe0e<\/a><\/li><li id=\"1efb8575-1a02-492d-adf2-f353f9deb664\">Fran\u00e7ois-Victor Fournel: <em>Ce qu&rsquo;on voit dans les rues de Paris<\/em> ; rapport\u00e9 dans : A. Rouill\u00e9, <em>La photographie en France, textes et controverses, une anthologie, 1816-1871<\/em>, Macula, Paris, 1989, pp. 286-295 <a href=\"#1efb8575-1a02-492d-adf2-f353f9deb664-link\" aria-label=\"Aller \u00e0 la note de bas de page 2\">\u21a9\ufe0e<\/a><\/li><li id=\"b6eb705b-8a81-427f-bed0-c3bd0bbbfa97\">Sacha Guitry : <em>Ceux de chez nous<\/em>, 1915, et version remani\u00e9e, Sacha Guitry et Fr\u00e9d\u00e9ric Rossif : <em>Ceux de chez nous<\/em>, 44 mn, 1952. <a href=\"#b6eb705b-8a81-427f-bed0-c3bd0bbbfa97-link\" aria-label=\"Aller \u00e0 la note de bas de page 3\">\u21a9\ufe0e<\/a><\/li><\/ol>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00c0 gauche : Alfred Stevens, Portrait de Sarah Bernhardt, 1885.\u00c0 droite : Paul Nadar, Portrait de la com\u00e9dienne Sarah Bernhardt, vers 1878. Les deux documents ci-dessus repr\u00e9sentent la com\u00e9dienne Sarah Bernhardt (n\u00e9e, para\u00eet-il, Rosine Bernard en 1844). 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